Hier, l’atelier Nao avait une ambiance un peu particulière.
Une équipe de tournage est venue poser ses caméras au milieu des fèves de cacao, des machines, des moules et des tablettes pour préparer un petit reportage consacré à la prochaine Journée de l’Artisan, qui aura lieu le 15 novembre 2026.
L’occasion était toute trouvée pour nous poser une question qui paraît simple, mais qui ne l’est pas vraiment :
qu’est-ce que cela veut dire, aujourd’hui, être artisan ?
Est-ce simplement travailler avec ses mains ? Produire en petite quantité ? Utiliser des méthodes traditionnelles ? Ou est-ce davantage une manière d’aborder son métier, sa matière première et les produits que l’on crée ?
Le SPF économie a mis en ligne le répertoire des artisans certifiés. On nous y retrouve sous le nom de notre société : ChocolaO.
En Belgique, être artisan a aussi une définition officielle
Le mot « artisan » évoque spontanément le geste, l’atelier et le savoir-faire. Mais en Belgique, il existe également une reconnaissance légale de l’artisan.
La loi définit notamment l’artisan comme une personne ou une entreprise dont l’activité de production, de transformation, de réparation, de restauration ou de service présente des aspects essentiellement manuels et un caractère authentique, avec un savoir-faire orienté vers la qualité, la tradition, la création ou l’innovation.
Cette reconnaissance est accordée par la Commission Artisans du SPF Économie. Elle ne se limite donc pas à une simple appellation commerciale : l’activité et le savoir-faire de l’entreprise sont examinés avant l’octroi de la reconnaissance.
Les artisans reconnus peuvent notamment être identifiés grâce au logo « Artisanat certifié ».
Artisan ne veut pas dire « tout faire à la main »
Dans l’imaginaire collectif, l’artisan travaille parfois seul, avec quelques outils et sans machines.
La réalité est évidemment plus nuancée.
Dans une chocolaterie Bean-to-Bar comme la nôtre, certaines étapes nécessitent des machines : torréfacteur, broyeur, tempéreuse, enrobeuse… Elles nous permettent de travailler de manière régulière, précise et efficace.
Mais la machine ne remplace ni le savoir-faire, ni les choix de l’artisan.
C’est nous qui décidons comment torréfier une fève, combien de temps la travailler, comment équilibrer une recette, quelle texture rechercher ou à quel moment arrêter une transformation.
La machine devient alors un outil au service du geste et de l’expérience.
L’authenticité : savoir d’où vient ce que l’on fabrique
Pour nous, l’artisanat commence probablement par là : comprendre sa matière première et garder un lien direct avec elle.
Chez Nao, le chocolat ne commence pas avec du chocolat déjà fabriqué que l’on ferait simplement fondre.
Il commence avec une fève de cacao.
Nous sélectionnons les origines, torréfions les fèves, les broyons, affinons le chocolat et développons ensuite nos propres recettes.
C’est tout le principe du Bean-to-Bar : maîtriser la transformation du cacao de la fève jusqu’à la tablette.
Cette proximité avec la matière permet aussi d’en accepter les différences. Deux récoltes ne sont jamais totalement identiques. Une origine peut évoluer légèrement d’une année à l’autre.
L’artisan doit donc observer, goûter et parfois adapter son travail.
La qualité n’est pas seulement une question d’ingrédients
Choisir de bonnes matières premières est évidemment essentiel.
Mais la qualité artisanale se construit aussi dans une succession de petits choix.
La température d’une torréfaction, la finesse du broyage, le temps de conchage, le tempérage du chocolat, la quantité de sucre, l’équilibre d’une ganache ou encore quelques degrés au moment de l’enrobage peuvent complètement modifier le résultat final.
Ces décisions ne se voient pas forcément lorsque l’on regarde une tablette terminée.
Pourtant, elles constituent une grande partie du métier.
Le savoir-faire artisanal est souvent fait de détails que l’on apprend avec le temps.
Être artisan, c’est aussi accepter de chercher
La tradition occupe une place importante dans l’artisanat.
Mais cela ne signifie pas que l’artisan doit reproduire éternellement les mêmes recettes.
La définition légale belge de l’artisan associe d’ailleurs explicitement le savoir-faire à la tradition, mais également à la création et à l’innovation.
Et c’est probablement l’un des aspects du métier que nous apprécions le plus.
Tester une nouvelle origine de cacao. Modifier une torréfaction. Imaginer une praline. Chercher le bon équilibre entre acidité, sucre, cacao et texture. Parfois réussir du premier coup. Souvent recommencer.
Une partie importante du travail artisanal se passe avant même que le produit n’arrive dans la boutique.
Créer, tester, goûter, se tromper, corriger et recommencer.
Un artisan connaît le produit qu’il vend
Il y a également quelque chose de très particulier dans la relation entre un artisan et ses clients.
Lorsque vous entrez dans notre boutique et que vous nous demandez pourquoi un chocolat du Pérou n’a pas le même goût qu’un chocolat de São Tomé, nous pouvons vous raconter son origine, son profil aromatique et la manière dont nous avons choisi de le travailler.
Lorsque vous nous demandez ce qu’il y a dans une praline, nous connaissons la recette.
Et lorsqu’une recette ne nous satisfait pas, nous pouvons la modifier.
Cette proximité entre celui qui fabrique et celui qui déguste fait aussi partie, à nos yeux, de l’artisanat.
Pourquoi une Journée de l’Artisan ?
La Journée de l’Artisan est organisée au niveau national avec le soutien du SPF Économie.
Son objectif est simple : permettre au public de découvrir les métiers artisanaux et surtout de voir ce qui se passe derrière le produit fini.
Les ateliers participants ouvrent leurs portes et proposent selon les cas des visites, des démonstrations ou des rencontres.
C’est précisément ce que nous aimons dans cette journée.
Une tablette de chocolat peut sembler être un produit très simple lorsqu’elle se trouve sur une étagère. Mais derrière elle, il y a une origine de cacao, des producteurs, une fermentation, un séchage, un transport, une torréfaction, un broyage, une recette, un tempérage et de nombreux gestes.
La Journée de l’Artisan permet de montrer cette partie habituellement invisible du produit.
Rendez-vous le 15 novembre
Le tournage réalisé cette semaine dans notre atelier avait justement pour objectif de mettre en images quelques-uns de ces gestes et de faire connaître cette journée.
Nous sommes impatients de découvrir le résultat.
Mais nous sommes surtout heureux de pouvoir à nouveau vous accueillir à l’atelier à l’occasion de la Journée de l’Artisan, le dimanche 15 novembre 2026.
Ce sera l’occasion de découvrir les coulisses de notre chocolaterie, de comprendre comment une fève de cacao devient du chocolat et, bien entendu, de goûter le résultat.
Parce qu’au fond, être artisan, ce n’est peut-être pas chercher à faire les choses comme autrefois.
C’est continuer à savoir comment, pourquoi et avec quoi on les fait.












